Vers la beauté David Foenkinos Gallimard

ves la beaute

 

«La beauté demeure le meilleur recours contre l’incertitude.»

David Foenkinos croit « à la puissance cicatrisante de l’art ». Et il est bien placé pour en parler, lui qui, à l’âge de 16 ans, a été alité longtemps, après une opération du cœur, et que les livres ont aidé à apaiser ce douloureux événement.

L’art et la beauté. Voilà donc le sujet de son dernier roman, dont il va être très difficile de parler sans trop en dire.

Antoine Duris a tout laissé derrière lui. Du jour au lendemain, il a abandonné un prestigieux poste de maître  de conférences aux Beaux-Arts de Lyon, a lâché son appartement puis est devenu ce qu’on nomme au Japon un évaporé. Il vient à Paris pour postuler comme gardien de salle au musée d’Orsay. La Directrice des Ressources Humaines, Mathilde Mattel, bien qu’interloquée par le parcours étrange de cet homme et son air « de bête apeurée », décide, malgré tout, de l’embaucher pour tenir la salle dédiée à une rétrospective Modigliani. Cet homme taiseux qui fuit le contact, l’intrigue, puis la fascine. Entre ces deux êtres sensibles vont se tisser des liens d’une infime délicatesse.

Antoine se satisfait de sa nouvelle situation de gardien.

 « Au moins, à son travail, personne ne le remarquerait. Le gardien de musée n’existe pas. On déambule devant lui, les yeux rivés sur le prochain tableau. C’est un métier extraordinaire pour être seul au milieu d’une foule.»

 

Par-dessus tout, il aime observer et même parler au tableau de Jeanne Hébuterne, qu’il a pris soin de  positionner juste en face de lui. Ce contact doux et apaisant lui apporte le réconfort dont il avait besoin.

 

jeanne hebuterne

Modigliani Jeanne Hébuterne assise, 1918

Quel est donc ce secret qui semble tellement lui peser ?

Dans la deuxième partie, le récit fait marche arrière pour arriver jusqu’à la troisième partie où l’on fait la connaissance de la douce  Camille.

« Camille s’éloigna seule. Elle fût envahie très rapidement par une intense émotion, celle d’être plongée au milieu des siècles et des œuvres. Tout un monde de beauté s’offrait à elle, subitement, effroyablement. »

Camille est une jeune lycéenne solaire et pleine de vie, douée pour le dessin, à qui un drame coupe brusquement les ailes. On comprend très vite qu’il y a un lien entre elle et Antoine Duris….

J’ai succombé au charme de ce livre à la construction habile. A la beauté du texte, s’ajoute donc ce mystère qu’a voulu insuffler l’auteur à son roman. Et le mariage est fort bien réussi, j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher avant la fin. David Foenkinos a une plume très particulière, toute en légèreté, même pour raconter les drames et les tourments de ses personnages. Comme un peintre qui accomplirait son œuvre par des touches très très légères pour ne pas alourdir l’ensemble. J’ai aimé les liens délicats que tissent les personnages entre eux. Car tout comme l’art, les autres aussi, par leur bienveillance, apportent réconfort et guérison.

 

Extrait lu par Dingue de Livres ( ma nouvelle passion : le montage audio-vidéo)

 

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